From time to time a poem

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19 May 2012 15:18 #61025 by Alexandre Orion
Three Moons
O'er savage seas rain-blown tears fly
Through garden walks three seasons high,
This helpless heart still wonders why
All the angels had to die
In shining lies to sanctify
Three moons that cross the sky.
The time for cherry blossoms nigh,
Humid zephyrs satisfy
Our hopeful hearts which pacify
Those shining lies where angels die,
Their broken wings borne on a sigh
As three moons cross the sky.

...but the cherry blossoms all went dry...
Watching crying stars go by,
An echoed image stings my eye :
A tired sun, where you and I
Saw three moons cross the sky.
Now under one moon's cold reply
To whispered prayers the gods deny,
In oceans of stars too tired to cry
The sounds of forgotten songs defy
Our garden walks, where you and I
Saw three moons cross the sky.

...and the cherry blossoms all went dry...
Rain-blown tears on storm winds fly,
An echoed image stings my eye :
That shining lie, where you and I
Saw three moons cross the sky.

-- Alexandre Orion

"Chaque homme a des devoirs envers l'homme en tant qu'homme."
~ Henri Bergson
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19 May 2012 21:55 - 19 May 2012 21:59 #61050 by Alexandre Orion
"Forever will it dominate your Destiny ..."
Much too sad to weep,
I walk,
Through a placid park of marbled markers
Lazily looking at every declaration
Of what was a name once
and Once
I recognise it, I move on
Toward the nearest Next,
Passing Mine and Yours,
But yours always First
First made,
First laid,
First Filled
First
Sprouts of green grass
and a Dandelion ...

Didst thou really make me smite thee ?
Or was it quite the otherwise ?
Thy hands remain unstained
By these bitter, burning Bloodspots
Burst from this unbeating
Yet unbeaten Heart
It it's bound and burial-bested Breast!

Much to sad to walk,
I weep,
Neither smiting nor smitten now,
My blade, flash-tried,
Retied upon my belt,
And I know I have talent !
Have shown you off for its effect !
Sliding sensuously sideways down Saturday Midnight,
Our crimson current coursing its Slightly greedy Gambit
Given just a hint of
Sentimentality ...

Much too sad to walk or to weep,
I sleep with you again,
Biting on your Brittle, bare Bones
Beneath the grass
Be-speckled by a blanket
of Dandelions ...
Alexandre Orion
juin 1995

"Chaque homme a des devoirs envers l'homme en tant qu'homme."
~ Henri Bergson
Last edit: 19 May 2012 21:59 by Alexandre Orion. Reason: troisième erreur

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21 May 2012 09:41 #61292 by Alexandre Orion
Choses presque vraies

« ... vint un soir et vint un matin premier jour. » – La Genèse


Tu ouvres les yeux avec peine. Ils se referment. Tu te focalises à travers un nuage de malaise pour les rouvrir. Ils se rebellent brièvement mais finissent par obéir. Tu ne sais où tu es. Il n’y a pas beaucoup de lumière dans la pièce et cela te va bien, tellement tu as mal à la tête. Tu te rends compte que tu as mal partout. Tu essaies de te redresser. Tu abandonnes. La dureté du sol te convient. Dans la nébuleuse de ta douleur physique, tu contrôles ton état d’être, sondant pour tout indice qui pourraient éclairer ce que t’est arrivé.

La lumière se lève légèrement. Tu la remarques à peine, tu crois d’abord que ce n’est qu’un effet perçu par tes nerfs optiques troublés. Non, enfin, la lumière arrive, encore que tu ne perçoives point la source. Ce n’est pourtant pas une lumière du jour. Elle n’est ni doucement chaleureuse que serait celle d'un flambeau, ni n’est-elle vainement artificielle comme celle d'une lampe électrique. Elle éclaire sombrement. Elle n’éclaire que les ombres. Elle en parsème la pièce. Les seules choses qu’elle te permet de voir clair c’est le sombre et que tu n’as effectivement aucune idée où tu es.

Tu ne paniques pas. Tu éprouves plutôt une colère, frustrée et insoumise. Tu n’as pas l’habitude d’être quelque part que tu ne connais pas, sauf dans le cadre d’une découverte choisie. Tu n’as pas une très vaste expérience non plus avec cette douleur que tu estimes très semblable à la gueule de bois suite à une ivresse délirante. Tu n’as surtout pas l'accoutumance à un trou de mémoire dans lequel est disparu tout souvenir de comment tu aurais pu parvenir à un endroit et à une circonstance pareils. Pourtant, te voici…

Mais, où est ici ? Ta colère monte, ta respiration accélère. Tu la ralentis volontairement, prenant des inspirations plus profondes, les tenant un nombre de secondes avant d’évacuer tes poumons. Cette technique de détente fonctionne bien dans les circonstances plus usuelles. Elle sert maintenant aussi. Elle te calme et apaise aussi, par quelques degrés la douleur que tu sens. A ce moment, tu aperçois la froideur de l’air que tu respires. Il doit faire environ 15°C dans la pièce. C’est une froideur un peu humide, et cette humidité se laisse voir par la légère vapeur des tes expirations. L’adrénaline imprègne toute cellule de ton organisme au fur et à mesure que le conscient revient. Tu es tout nu. Comment ne l’avais-tu pas encore perçu ?

Bien que tout seul – pour autant que tu saches – ta nudité te choque et te suscite une honte clandestine. Tes vêtements ne sont nul part près de toi. Et soudain, tu as froid. Tu arrives à te lever du sol. Tes articulations se révoltent, mais tu es résolu. Tu te mets debout lentement, prudemment, laissant le temps pour que tes genoux et tes chevilles se rééduquent sous le poids de ton corps. Tu te rectifies le dos, n’osant encore faire un pas, même pas le plus minime. Les ombres partout, tu n’en jettes pas. Tu ne sais où tu marches, ne sais quel sens prendre.

Tu te sens lourd, plus lourd que jamais auparavant. Tous tes membres, tes bras, tes jambes, ne veulent que pendre maladroitement, déjà épuisés par l’effort de rehaussement. Ta tête, toujours accablée par son mal, pèse oppressivement sur le cou qui œuvre péniblement à la soutenir droite. Ton corps s’incline par devant, et tu tombes sur ce sol qui ne te convient plus. Le conscient pleinement rallumé, renforcé par une inquiétude à laquelle tu renonces, et aiguisé par l’instinct de survie, te propulsent à regagner tes pieds. La pesanteur est considérable, tu n’avais jamais senti la gravité d’une manière semblable, la confrontes en ce moment comme une chose concrète, comme un objet lourd en soi...

Ton esprit réinvesti dans la réalité, tu entreprends de te rappeler où tu étais avant de te retrouver ici. Étrangement, les pensées que tu laissais errer dans l’espace entre ton ennui et ta culture ne reviennent plus, remplacées par la vision des lampadaires et d’une circulation éparse sur l’A6 entre Mâcon et Chalon-sur-Saône. Tu n’as pas eu d’accident. Tu n’as eu rien d’extraordinaire. Mais, si… la radio s’est coupée. Tu as eu le temps de constater un silence au-delà de cela. Il n’y avait plus de bruit du tout. Il est descendu un silence absolu, un silence de tombeau qui n’existe pas dans le monde vivant, un silence qui résiste à toute musique naturelle. Ce silence t’absorbe, ne laissant ni radio ni moteur ni chantonnement. Il ne laisse aucune pensée, tellement ce silence est total.

Puis, tu t’es réveillé ici dans le même silence. Tu te demandes silencieusement quelle heure il est. Tu es attendu à Dijon. Tu ne veux pas décevoir. Et, tu as soif…

Soudain, comme si la sensation de ta soif agissait sur la providence de ton environnement, une lumière se diffuse autour d’un simple piédestal. Sur celui-ci se trouvent une carafe d’eau et un gobelet. Au moment où ils apparaissent, un son brise ce silence épais. C’est un timbre qui cajole et assaille l’oreille. Toi, qui vis intimement avec le bruit organisé, n’as jamais entendu de son semblable. Une occurrence, pas plus, mais il reste comme un écho dans ta conscience. Un seul son, horrible et joyeux. Le seul son à te gratifier l’ouïr depuis l’autoroute est comme un phonème d’une langue étrangère, inconnu et dépourvu de sens.

Tu hésites. Ta soif, à peine ressentie il y a une seconde, devient une insupportable sécheresse brûlante. La carafe t'attire. Elle est claire, si claire que l'eau dedans est presque imperceptible à travers ses parois cristalline. Le gobelet, aussi transparent que la carafe, attend de faire son service. Tu te trouves guidé dans le sens du piédestal dans une action aussi involontaire que ta respiration. Tu prends la carafe par son anse et te surprends par son poids. L'eau que tu déverses dans le gobelet y tombe violemment mais sans perdre une seule goutte par les bords. Même le gobelet te paraît lourd quand tu le portes à tes lèvres.

Elle est délicieuse, cette eau, si claire et fraîche, si vitale. Tu ne peux plus hésiter. Tu bois. Tu vides le premier en deux ou trois gorgées et tu t'en ressers... puis tu en prends un troisième. Ensuite, tu t’arrêtes. Tu regardes la carafe. Elle est toujours moitié pleine, mais tu ne sais point où se trouve la source de cette eau ni où tu pourrais la remplir. Ton côté économe s'éveille. Tu poses la carafe et le gobelet. Tu te rends compte que malgré ta nudité, tu n'as plus froid.

Tu tournes le regard en tous sens dans un effort vain d'avoir un indice à où tu pourrais être. La douleur que tu as sentie dès ton réveil s'est bien calmée. Tu n'as presque plus de mal à la tête, et tes articulations ne sont plus aussi rouillées. Seule, la perception de ta lourdeur te reste.

Tu fais le tour de la faible lumière dans la pièce. Les murs, pour l'instant, ne sont qu'en ombre. C'est apparemment une grande pièce, car tu ne perçois ni mur ni plafond dans toute la zone éclairée. Tu ne vois toujours pas non plus d'où vient cet éclairage. Les pas lents, tu avances, touchant le néant dans l'ombre où ta main disparaît, touchée à son tour par le vide. Là, tu remarques que la température a augmenté, mais qu'il fait très froid dans le noir, si froid que tu ne pourrais pas le supporter très longtemps même en manteau et surtout pas tout nu.

La colère resurgit. Tu te rends compte d'être en prison, une prison composée de lumière et d'ombre – effectivement les matériaux les plus difficiles à briser. Mais où donc est sise la prison ? Qui t'y a mis ? Et pourquoi ? Tu n'as rien fait du mal. Tu n'as rien fait que tu n’avais pas droit de faire...

Tu penses qu'à un moment donné, tout deviendra clair, que ton ravisseur va se montrer. Tu attends. Personne ne vient. Tu attends encore. C’est tout ce que tu as à faire, que tu peux faire, attendre. L'éclairage dans la pièce ne change pas. Ainsi, ne sais-tu combien de temps tu attends. Tu as faim.

Le même bruit, la même note méconnaissable, se fait entendre à apparition d'une deuxième colonne de lumière sur un piédestal, identique au premier. Celui-ci te présente du pain. Trois boules de pain dégagent une odeur et une vapeur familières. Comme auparavant a fait ta soif, ta faim grandit à un point que tu ne peux résister. Ce pain t'appelle comme un maître appelle son chien, et tu y vas. Tu ne peux qu'y aller.

Le pain est bon, le plus délicieux que tu as goûté. Il est chaud. Il craque quand tu le romps et quand tu le mords, mais il est doux et savoureux sur le palais. Tu le mâches, tu l’avales. Tu manges rapidement d'abord si grande est ta faim, et après, plus lentement, tellement ce pain est délectable. Puis, tu t'arrêtes, stupéfait.

En regardant le piédestal à côté, tu vois que la carafe d'eau est pleine. Personne n'est venu, ni aucune fontaine ni aucun jet ne s'est laissé voir. La bouche encore remplie de pain, tu guettes autour de toi, toi tout nu, toi tout vulnérable. Cette providence anonyme t’insulte. Y a-t-il quelqu'un ?

Tu guettes autour de toi encore, et tu te sens guetté en même temps. Personne n'est visible, mais c'est toi dans la lumière, entouré par un sombre qui peut tout dissimuler. Tu as la sensation d'être regardé, d'être scruté comme un animal dans une cage. Tu es un animal dans une cage de lumière, d'ombre et de froid.

Et de silence. Ce silence règne résolument. Il est si total que tes pensées semblent des cris stridents. Tes pensées sont des cris ; elles sont des cris de peur, de colère, de frustration. Elles sont des cris silencieusement stridents de l'angoisse d'un animal sauvage qui se trouve en cage.

Il n'y a rien de tel qu'une prison parfaite, l'on dit. Il doit exister une faille dans celle-ci. Tu sondes de nouveau l'ombre qui délimite ta cellule. Tu essaies d'avancer plus loin de l'autre côté de la lumière, mais tu n'y arrives point tellement la froideur est brûlante. Tu réessaies et ne peux aller que la longueur de tes doigts qui sont gelés, ainsi s'estompe-t-elle l'idée d'y plonger quelques pas dans l'espoir d'atteindre un mur.

Tu penses au gobelet dont tu t'es servi pour boire. À la limite, tu pourrais boire directement de la carafe. Tu prends le gobelet et tu le lances dans le noir derrière le rideau de lumière qui te tient prisonnier. Tu le lances aussi fort et aussi loin que tu peux. Puis, tu écoutes. Rien. Le lourd gobelet a dû s'écraser quelque part plus loin, contre un mur ou bien sur le sol, mais cela aurait fait un bruit. Il n'y a rien eu.

Tu t'assois par terre et tu pleures. Tes larmes de confusion et de rage font une course le long de ta joue et tombent en gouttes sur tes jambes pliées. Elles frappent la peau avec une force inhabituelle, comme s'il s'agissait d'une pluie de cailloux chutés du sommet de ta peur. Tu pleures les larmes rocheuses par sanglots massifs et elles se moquent de toi en tombant lourdement sur ta nudité dans la lumière sans source, embouteillées dans l'ombre.

Montrez-vous ! cries-tu. Aussitôt, ton cri disparaît dans le silence. Tous tes sanglots, tes pleurs et tes larmes sont absorbés par ce silence vorace qui consomme toute onde audible. Ce silence est aussi solide et résistant que l'ombre et la lumière qui te gardent prisonnier.

Tes questions pèsent autant que toute autre chose. Elles sont grandes et oppressantes. Elles sont pires qu'existentielles. Tu ne sais s'il fait jour ou nuit. Tu ne sais toujours pas depuis combien de temps tu es là. Cela peut faire des heures ou des jours, comptant le temps avant que tu ne te sois réveillé. Il n'y a non plus aucune indication de combien de temps tu y resteras.

Tu désires fumer, et la lumière et son bruit te fournissent une cigarette, déjà allumée, délicatement présentée sur piédestal. L'air prend un curieux aspect plus lourd. Tu fumes et tu laisses les cendres tomber par terre. C'est la meilleure cigarette que tu as fumée de ta vie, mais la qualité du tabac n'agit pas autant que l'effet apaisant de l'acte de fumer. Ton mégot, tu le poses sur le piédestal sur lequel a apparu la cigarette, n'ayant pas de cendrier pour le recevoir. Puis, s'éteint la colonne de lumière, le piédestal et le mégot disparaissent.

La propreté et l'ordre se maintiennent d'eux-mêmes. Les cendres disparaissent d'où elles tombent comme disparaissent les choses les moins agréables produites dans les fonctions de la vie. Face à cette propreté, face à ta propre honte, dans cette cellule de lumière, tu te trouves obligé de laisser ton avilissement le plus privé dans l'ouverture du regard de ton observateur obscurci. Encore comme le ferait un animal, tu es forcé de choisir un endroit, de préférence au plus loin d'où tu es nourri, pour satisfaire à tes besoins. Pleurant d’humiliation, tu subis à ce que tu ne peux contrôler, ce que tu ne pourrais plus influencer et ce que tu n’auras plus de choix. Ton quasi-cri, quasi-grognement enfermé derrière tes dents serrées, le rideau opaque que tes larmes dressent devant ta vue en ombre trop révélatrice, te communiquent la réalité que tu ne pouvais jamais accepter : tu es animal.

Tu n'es qu'un animal organique et fragile face à tes propres idéaux et espérances vulgairement divins. Non seulement tu es animal, mais tu es animal domestique, dénaturé par ta propre conception de la nature des choses. Les choses, réduites au plus simple, à leurs natures naturelles, ne sont pas des choses du tout. Elles ne sont rien, tout comme toutes tes convictions et toutes tes justifications. Mais, le rien que tu te trouves n'est rien de différent, c'est un rien différent.

Et alors, tu y restes, un rien d'animal dans cette non-chose nulle part. Quand tu te réveilles, tu te rends compte d'être posé sur une sorte de banc. D'où il est sorti, et comment tu as pu être allité sans le savoir te déconcertent. Encore un élément de malaise s'annonce. Mais, au contraire, ce banc est confortable, bien que tu ne puisses discerner avec précision de quelle matière il se compose. Au premier regard, il semble être fabriqué de la même substance que le sol et les piédestaux de l'eau, du pain et de la cigarette, mais en moins dur. En effet, tandis qu'à l'oeil et au touché, ce sont pareils, cet étrange meuble se conforme aux contours de ton physique comme en collaboration corporelle.

Tu te lèves, tu en fais le tour. Il est simple, comme les autres choses – un seul bloc, couleur blanche-fumée, passivement imposant dans le mélange de lumière sombre et ombre, une colonne de lumière sans source décelant son existence. Tu te rassois plus lourdement que tu ne voulais. La pesanteur, dans ton sommeil, tu l'as oublié. Tu tombes sur le banc, sur la chose, un simple support – ce curieux meuble – avec tout ton poids. A quoi pourrait-il servir à part ça ? Tu ne te fais aucun mal. La blancheur t'attrape et amortit ta chute. Tu es perturbé par cette réassurance. Tu aurais préféré la douleur. Tu préfères toujours la douleur...

De l'eau et du pain apparaissent, il y a aussi, quelques fruits. Au moins, tu penses qu'ils sont des fruits ; tu n'as jamais auparavant vu cette variété de produit végétal. La forme d'une poire, la longueur d'une banane, parsemé de ses petits grains comme une fraise, la texture extérieure entre celle d'une pêche et une feuille de violette, la couleur vert-pomme et le pourpre foncé d'une aubergine, le goût entre acidité d'une framboise et la douceur d'une reine claude. Il a beau te plaire, tu le laisses. Tu ne sais pas ce que c'est et de toute façon, les fruits ne sont pas ton meilleur appétit.

Alors... tu as beau le laisser, tu le reprends. Il est bon. Il est succulent, ce fruit étrange. Sa forme, ses couleurs, sa texture, ses odeurs et son goût te captivent et t'ensorcellent. Ils te séduisent. Tu n'es plus. Tu es en lui. Ses phalanges te massent, te caressent. Tu le mords et il t'embrasse. Vous vous enlacez, vous vous entreprenez, vous immiscez. Vous échangez le souffle soupirant d'extase, le jus coulant sur ton menton et ta poitrine. Le jus colle où il tombe, partout sur ton être maculé, et son sucre sèche son goût. Tu ne reconnais toujours pas ce fruit, il a soudain tous les regards de ton passé, possède tous les aspects du verger, toutes les couleurs du jardin, tous les yeux du monde sauvage, toutes les dents de la jungle et de la mer. Tous les péchés de l'Enfer...

Puis, le jus consommé, il ressemble encore à ce qu'il est : qu'un fruit quelconque. Mais ça, les fruits ne sont pas ton meilleur appétit. Maudit aliment vital qui profite de ta faim, ta faiblesse... ce corrompu légume qui t'agresse et t'étouffe ! Encore, il a beau savoir te nourrir et te plaire, tu le laisses. De nouveau seul, de nouveau tu es. Toi seul, tu es.

Tu es là, dans la lumière blanche entourée de l'ombre, du vide et du froid.

De temps en temps, tu perçois le bruit mystérieux, délirant et funeste, lorsque apparaissent de l'eau, du pain ou une cigarette allumée dans la blancheur de sa colonne lumineuse. Par moments tu prends du fruit que l'on t'offre. De temps à autre, tu succombes aux besoins corporels et tu dors. De moins en moins tu touches à la froideur de l'ombre pour assurer la chair et ses sens des circonstances devenues les tiennes. Cela se produit des dizaines de fois, des centaines, des milliers...

A force, ta honte et ta douleur se mêlent avec le silence. Tu ne les éprouves presque plus. Indignation se transforme en résignation comme le premier jour a cédé à un deuxième, la première semaine à la suivante, la première année à toutes les autres. Il n'y a plus de temps, seulement lumière et ombre sans alternance. Et, bien sûr, cet immonde silence assourdissant...

Toujours tu ne vois personne. Tu ne peux parler qu'avec toi-même. Mais bien moins fréquemment vient une pensée. Tu te rends douloureusement compte à quel point tes pensées, que tu considérées finement cultivées, n'étaient que le reflet d'autres pensées d'autres penseurs d'autres temps. Toute ta créativité se révèle, et cela un peu trop tard, que de la banale interprétation, que de l'imposture. Tu as fait ce dernier temps, ce que tu as toujours fait : rien. Toutes les devises que tu as employées, que tu as crues, s'avèrent tout bêtement fausses. L'ambiance, un peu trop lourde dans sa légèreté, que tu générais auprès des autres n'était qu'un bouclier, ainsi que le môme éternel, le sérieux, le responsable, le discret, le ceci, le cela... L'artiste ! Ha ! Pis encore, toute la bienséance dans laquelle tu t'es laissé égarer et pour trop haute estime de telle tu a blessé ô combien de bons amis, elle te laisse, à son tour, dans cette cellule où tu vis aussi esclave du silence que tu as été de ton précieux bruit organisé. Ton bruit qui t'abandonne volontiers aussi afin que tu ne fasses plus de mal en son nom.

Encore tu y restes. Tu bois de l'eau, tu manges du pain, tu goûtes le fruit occasionnel, tu dors et tu vieillis. Un jour, une nuit... un matin ou un après-midi ? Qui pourrait savoir, là où il n'y a que toi dans ta fraîche lumière nulle part ? Plus de temps, plus de localisation, plus d'idée. Une vague notion d'hier, un concept qu'on appelle demain, mais passé et futur ne sont pas reconnaissables. Mais là, à un moment donné de jour ou nuit ou après-midi le bruit t'appelle à une vision sur l'autre rive de l'ombre. C'est un jeune homme seul, quelque part, entouré des autres. Il est la première personne que tu vois depuis ton isolement en ce lieu. Tu penses à ta nudité, ta fragilité face à tout un monde qui te sonde avec les sens des esprits assoiffés de curiosité naïve, affamés pour une chose originale mais familière, essoufflés pour une atmosphère nouvelle mais toute confortable.

Et le voilà, ce beau jeune homme, seul dans son monde tout peuplé. Tu le regardes, mais tu es le seul à le regarder. Il sent ton regard sur lui, sans qu'il te perçoive. Il croît que c'est le regard des autres, ceux qui ne le regardent réellement pas. Ils ne le regardent pas très longtemps, en tout cas. Il met l'armure de l'indifférence aux masques souriants ou grimaçants selon les conditions et ses sabots ailés, liés à l'horloge et à l’agenda pour prendre fuite lors du moindre malaise fortuit. Il y a toujours un malaise – tout le monde est un malaise.

Il va donc de l'un à l'autre, à l'un de l'autre, envers les uns et les autres. Il inspire d’abord la confiance chez les uns et les autres ; il laisse les uns et les autres perplexes. Il ne parle pas, il chantonne. Il boit de l'eau et il mange du pain. Il fume. Les fruits ne sont pas de son meilleur appétit. Il les goûte et les laisse.

Il vit dans sa bulle de réflexion tout seul, isolé. Sa communication avec l'extérieur de sa bulle n'est que superficielle, il ne trouve pas les mots pour s'exprimer clairement avec le malaise qu'est le monde, qu'est l'autre. N'importe quel autre. Ainsi boit-il son eau, mange-t-il son pain, fume-t-il sa cigarette et même goûte-t-il des fruits divers dans sa solitude. Ceux avec qui il partage ces expériences ne lui sont que des choses presque vraies qui font du bruit désorganisé. Parfois, il abuse si sauvagement d'une de ces choses que la peine dure à travers le tout sa vague notion d'hier, son concept qu'on appelle demain, et passé et futur deviennent méconnaissables. Isolé, il ne la voit pas. De toute manière, tout cela ne le regarde pas.

Tu regardes sa conduite si sévèrement qu'il se dissimule davantage des autres derrière le clown, derrière l'ambiance lourde. Tu éprouves de la peine pour lui, ce pauvre imbécile apeuré qui se séquestre des gens et écarte d'eux toute possibilité de le connaître. Tu lui en veux pour sa façon de se moquer de ceux qui lui apporteraient de la chaleur s'il le leur permettait. Toi ici, prisonnier d'un inconnu pour une offense également inconnue, dans un silence qui te dépossède de tout son, toute note, toute voix, toute compagnie... et lui, en toute liberté, dans un monde plein de couleur et de ... de ...

... tous les gens qui te connaissent. ... tout le monde que tu connais !

C'est lui qui t'a enfermé ici et pris ta vie ! Il se protège de tous qui peuvent te faire du bien dans sa bulle de réflexion qui ne s'éclaire qu'à l'intérieur. La froideur avec laquelle il confronte le monde, l'on ne peut la pénétrer ni de l'un côté ni de l'autre. On ne peut interagir que par écho, sons mimiques, recombinés encore et encore jusqu'à ce qu’ils se mélangent en une seule tonalité. C’est un timbre qui cajole et assaille l’oreille. Toi, qui vivais intimement avec le bruit organisé, n’avais jamais reconnu l'ensemble. Toute note perceptible, et quelques-unes de plus, en une occurrence simultanée, reste comme des échos de ta conscience oubliée. Un seul son, horrible et joyeux. Le seul son à te gratifie l’ouïr depuis toujours. Et tout autour de cette singularité musicale, le reste n'est qu'un silence glacial où la vie ne peut subsister.

Tu te défais de désespoir. Qui es cet être qui mènes ta vie ? Qui es cet architecte de choses en lumière, en ombre et en bruit qui exclues la vie pour favoriser le néant, le vide ? Le vide rempli de vide, n'est-il pas la chose la plus riche en potentiel de tout ? Qui es cet homme qui n'es qu'en étant seul ? Qui es ce vampire qui, de derrière le rideau sombre de sa cachette, blesses et consommes ses semblables en les accusant de cette même agression ? Qui es ce trou noir qui ne supportes pas l'autre jusqu'au point où deviens-tu l'autre toi-même ? Qui es ce bel homme qui n'arrives plus à te reconnaître, si bien protégé de la laideur dans ta bulle de silence ? Toi seul, tu es... seul, tu es paumé.

Stupéfait, tu te regardes, empruntant des pensées de penseurs divers d'époques différentes en langues vivantes (ou pas) par langages quotidiens mais n'ayant toujours rien à dire. Le bruit annonce de l'eau, du pain, une cigarette. Il annonce du fruit. Il annonce le résumé de ta clandestine banalité. Il accompagne la clarté sur cela et bien d'autres choses presque vraies à côté desquelles tu es passé, sur l’A6 et ailleurs, par la voie vers ta cellule lumineuse dans son enceinte d'ombre.

Tu recules et t'assois, ton ventre plus lourd que jamais et ta résignation envenimée d'amertume. Tu ne connaîtras jamais ton capteur, et tu ne te libéreras jamais. Tu sais pourtant ce qu'est ton crime. Tous que tu as blessé pour te protéger sont quelque part, cruellement amputés, moralement et peut-être physiquement mutilés. Ces fruits que tu avais goûtés et rejeté à pourrir dans ton froid pensent de temps en temps à toi, et à cette blessure. Ces choses presque vraies que tu as cru vouloir te séquestrer, te contraindre, continuent à t'aimer malgré cette blessure, malgré la coupure, malgré ta bulle. Ton malaise, tes choses presque vraies étaient plus vraies que tu ne pouvais, que tu ne voulais croire.

La lumière n'a pas de source. Tu regardes autour de toi et au dessus. Une lumière sans source n'est pas naturelle, pas vraie du tout. Une lumière sans source n'est qu'une autre ombre. Pourrais-tu enfin t’éclairer ? te libérer ?
-- Alexandre Orion
« Je n'ai tout simplement pas envie... » dis-tu. Et la lumière s'éteint, ainsi que toute chose vraie ou non, avec elle.

"Chaque homme a des devoirs envers l'homme en tant qu'homme."
~ Henri Bergson

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23 May 2012 19:06 #61602 by Alexandre Orion
Here's the text from the V-log of yesterday. I know, it was hard to hear.
Sylvania
On the Mythic Mount the Shadow Lord,
By the Dream borne to Darkness tight,
Ruled well the Realm of Things Unreal
Through Sixty centuries of Night.

Here under the Myth and Mount below
The Spectrum of our Solidarity,
The craggy rocks in Blackness bred
The Sabbat of Fears' Epitome.

Such Demons were there in the Pit,
No Dreamer sought such a Nightmare ;
The Shadow Lord, in Solitude
Was Imprisoned by their Warfare.

But then a Day, a Gleam, a Ray
And the Sixty-first century thence
Arrived by Sunrise o'er the Mount
And the Dream world hath changed since :

The crevices of Stone were touched
By the radiance of the Solar sphere ;
The demons dug into the Mount
To barrage what Darkness they could there …

And on this Day the Shadow Lord,
Stepped forth into the Light of Day,
And saw no Shadow but his Own,
Obscurity was swept Away.

He felt the warmth upon his cheek,
He felt the Force within his breast,
He gazed across the rocky land
And understood, and thus confessed :

“This Hour, quoth he, hath changed my Realm,
And forever-more shall keep to Day,
These rocks shall sprout forth Warmth and Life
And the Mists shall in the valleys stay.”

He breathed his Soul into the Light ;
A gentle rain began to fall
And fell for seven hundred days
Yet, the Sun shined through it all …


He stood out on his balcony,
Now Lord of Day, to feel the rain,
And knew full well that in some cache
The demon hoard somewhere remained.

Though still, for seven hundred days
He spread his Spirit through the sheen,
And from that which was Barrenness
Sprang our Sylvania, of Living Green –

Where gushed the river Adamnon,
Through Valdeve, where Life became
And flowed throughout the Galaxy
From World to World, that Life Self-same.

The Day Lord stands there even now,
Surveying all the Realms therein,
And as for the Devils in the Dark,
'Tis now our role to keep them in.

***

Four hundred thirty-two thousand
Generations have held this lore,
To honour evolution’s source
And remember what we were before.

Please think with me, and Blessed be
Be it Night or Day by course –
Love's honoured duty duly sworn
And always allied in the Force.

Alexandre Orion

"Chaque homme a des devoirs envers l'homme en tant qu'homme."
~ Henri Bergson
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24 May 2012 23:16 #61740 by Alexandre Orion
Falling to Apotheosis

Comfortable is nothingness
When spread upon the air
As incense smoke from temple ruins
For a dying priest's last prayer
To dying gods in living days
While new moons all forebear
A dying faith in living Man
And the One that once lived there.
Beauty dies in the sweetest lies,
Falling to apotheosis...

The One was so much brighter
Than the other asters are,
Plunging from the heavens –
– A fearful falling star...

Looking into tomorrow
When today has just begun
While trying lies from yesterday,
Like battles lost and won,
Throw false light over shadow ;
Night's impostor of the sun
Tells crying lies to living Man
And fades away the One.
The Light of Night obscurring sight,
Falling to apotheosis...

On the under side of Heaven,
That fearful falling star,
The One that's still much brighter
Than the other asters are...

The candle braves the hurricane,
Its light shines against the blast,
And worlds away the temple stands,
In defiance of futures past,
Where incense-perfumed altars bear
A prayer iconoclast
Of the living priest for dying Man
And the One that he loved last...
Come the sun when Night is done
Falling to apotheosis...

-- Alexandre Orion

"Chaque homme a des devoirs envers l'homme en tant qu'homme."
~ Henri Bergson
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25 May 2012 12:49 #61783 by Alexandre Orion
From Wishes to Wisdom
(for Maître Perris)

“I greet you at the beginning of a great career, which must yet have had a long foreground somewhere, for such a start. I rubbed my eyes a little to see if this sunbeam were no illusion; but the solid sense of the book is a sober certainty. It has the best merits, namely, of fortifying and encouraging.” – Ralph Waldo Emerson
Falling tides under Moonlight sigh songs to the Night ;
In clear skies, the stars of Home shine distantly Bright,
Our Lady of Springtime whispers prayers to the Winds,
Out of Time, out of Place, out of Means, out of Ends …

She prays toward those stars of Home that we barely knew,
Some Prehistory's myth carries chronicles true ;
Turning Worlds, told as 'heavens', trace orbits around
Setting Suns, changing Seasons, where Old Life abounds …
Her eyes gleam with Starlight therein amplified thrice,
Her Hope takes to Flight, in the Night of the Void,
With the Power of her Love and Silent Sacrifice,
Wishes turn into Wisdom, the Fates overjoyed !
For seconds to Centuries she gazes above,
Out of Time, Out of Place, to All Beauty and Love,
Our Lady of Summer, in gown of Garden Green,
Sighs softly her hymn to space where Angels convene …

She prays toward those stars of home that we know so well,
As bright, fertile valleys where Life-giving rains fell ;
Prehistory's poems dance sprightly in Today
As future Eclipses sooth all of her Fear away …
Her Soul gleams with Starlight therein amplified thrice,
Memories of motherhood meld with maiden's desire :
The Force as her ally in Silent Sacrifice
Wishes turn into Wisdom, which doth Dreams inspire !
Rising tides in the Sunrise return to the Shore,
And the Old stars of Home shine yet on as before ;
Our Lady of Winter sleeps sure in her arbour
Under the cover of white wishes she harbours …

And she dreams in those myths of Prehistory's Song
Recounting the adventure sung on for so Long
On those Worlds, told as 'heavens', in orbits around
Rising Suns in green Seasons, our New Life resounds …
Her Heart beats with Starlight therein amplified thrice,
Whilst gods dream existence from Centre to Centre –
With Power of the Crystal, her Silent Sacrifice
Wishes turn into Wisdom, therewith the Maître ...

"Chaque homme a des devoirs envers l'homme en tant qu'homme."
~ Henri Bergson
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14 Jun 2012 11:59 - 14 Jun 2012 12:03 #63841 by Alexandre Orion
La Valse des Sirènes
L'été de notre Amour fut la même année que la Grande Guerre devint pleinement démente ;
En août dix-neuf cent quinze le paquebot 'Ganymède' quitta vers Athènes le joli port de Sète.
On se promenait toute la journée au soleil main en main sur la Méditerranée,
Au soir, les reflets de la pleine lune nous enchantaient gaiement lorsque l'on dansait.

Rassurés par le pinard
Et si enivrés par le regard,
Inspirés par clarté lunaire
Lors d'une soirée en mer hors pair,
Comme les cordes et l'accordéon
Jouaient cette valse que nous dansions
La valse des Sirènes …

Au jour, la matinée, on lisait des poèmes d'Amoureux illustrés par des blancs nuages ;
L'après-midi on prenait du thé au lait à l'anglaise et puis, je te proposai le mariage.
Toi, ravie, tu répondis «oui», et nous nous serrâmes dans les bras, unis pour toujours où que l'on aille,
Au soir, dans le hall, le capitaine nous félicita au champagne pour fêter nos fiançailles.

Transportés par émotion
Immortalisé par dévotion,
Inspirés par clarté lunaire
Nos cœurs des lieues du monde en Guerre
Comme les cordes et l'accordéon
Jouaient cette valse que nous dansions
La valse des Sirènes …

Cette nuit d'immense Joie on faisait l'Amour, nos corps et âmes fusionnés pour éternité,
La Grèce au lendemain accueillerait des amants à vieil Athènes comme au temps des dieux passés ;
Ces moments-là furent Paradis pur, ta tête sur mon épaule, nos êtres lumineux de plénitude,
Ainsi avançait le Ganymède, vers nos demains, cours sûr, au droit port, fort de la certitude.

En anticipant l'aurore,
Mon âme toute puissante par notr'Amour
Jamais je ne vis une plus belle image
Que celle de toi, endormie, sans âge …

Soudain, un choc brisa ma rêverie,
Puis un autre t'eut réveillé,
La cabine penchait,
Les gens dehors couraient ;
Le Ganymède avait été attaqué,
Par deux grenouilles éventré
Et allait rapidement couler –
Toutefois, tellement on s'aimait,
L'Amour plus fort que la Mort ;
Je glissai sur ton doigt une bague
Comme Ganymède glissa sous les vagues.

Accueillis par les Sirènes,
Dans leur demeure sereine,
Le moment où nous nous enlacions
Conservé car nous nous aimions.
Toujours les cordes et l'accordéon
Jouent cette valse que nous dansions
La valse des Sirènes.
-- Alexandre Orion, février-mars 2012

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~ Henri Bergson
Last edit: 14 Jun 2012 12:03 by Alexandre Orion.

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24 Jul 2012 03:05 #67964 by Alexandre Orion
Nigh on the Night the Knightly is Knighted

Alexandre Orion
3 juillet 2012
à Chalon-sur-Saône

From Burgundy's heart to the Heart of the Star
The part pledged in Faith pledges Faith to the far
Far side of the Ocean, in Sunlight, In Rain,
In Storm and in Calme, in Joy or in Pain …

His crystal shines Hope, his Heart bears his Art,
His blade flashes Courage, his Arms a Rampart ;
His Soul lights the Lamp that leads out of Night,
That leads out of Shadow, that leads out of Plight …

On Mid-summer's Day, when the Council agree,
A new Knight swears duty upon bended knee,
His humble hand held, holds the sabre aloft
Pronouncing his pledge per vox sure and soft …

So therewith the Warrior as therewith the Man,
As therewith the Soul of the Knight where he stands
In the Satisfied Sun of Mid-summer's Day
Where no shadow touches the ground by his way …

And we sing the Event, we sing of the Quest,
We sing of the East united in West –
In the State of the Star, where his legends are,
Sung true by the plume singing with his guitar …

Now here is the Life that is he, that is All
In tremors of truth-telling, singing the call
Of the Wild, of the Tame, of the Strange, of the Same –
Of the Knight who is Wescli Wardest by name !

In the Mid-summer's Night, full of Moon fully bright
O'er the State of the Star where resides this bold Knight,
Shines a candle apart – from the End to the Start –
By a helping hand held out of Burgundy's Heart.

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~ Henri Bergson
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29 Jul 2012 13:48 #68503 by Alexandre Orion
All the World
(Visva Bharati)

A. Orion

So simple like the rainbow over Gardens Green glowing gayly across the multicolour'd clouds ;
As ample as the Mountains and the Valleys which dance Ô so joyfully from Heaven to the Sea ;
It feels the generations of all the Elements flowing, informing all the ten thousand things;
The lightness of atonement lifting blissfully up into all the World, for such it is to BE.

This Song and Dance is the voice of Law1
The River Time flows always in now
All space is Mind, the Soul is the Sea
Our Real Self is an Ubiquity
*
The Air breathes of itself in and out, the ground holds bodies up, elevates them high on the Collines,
Sound and Light come by themselves without the need to perceive them consciously, It does itself freely ;
Carried on along, the river flowing never out of now, the more it goes Evermore it stays
At One with winds and currents coursing Ever and Always in all the World, for such it is to BE.

This Song and Dance is the voice of Law,
The River Time flows always in now
All space is Mind, the Soul is the Sea
Our Real Self is an Ubiquity
*
What use are a million galaxies ? What are Music and Dance ? other than games of divine lila2 ?
When Human ego blind by Maya3 complicate It Ô so woefully, blissful simplicity ;
So, breathe the fresh air deeply neither accepting nor blindly rejecting that which we truly are ;
Observing with the Sense perception creating in the Now all the World, for such it is to BE.
*
This Song and Dance is the voice of Law
The River Time flows always in now
All space is Mind, the Soul is the Sea
Our Real Self is an Ubiquity
*
*
*
This Song and Dance is the voice of Law
The River Time flows always in now
All space is Mind, the Soul is the Sea
Our Real Self is an Ubiquity

1. Maître Zen Hakuin
2. Jouer (du Soi ) selon Vedanta
3. Forme complexe de l'illusion

"Chaque homme a des devoirs envers l'homme en tant qu'homme."
~ Henri Bergson

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30 Jul 2012 16:58 #68639 by Solari
Replied by Solari on topic From time to time a poem
Born of dying noble blood,
Raised to sew the wheat and hay.
Taken on a dragons back,
To fight the man in shadows,
In the land of Durza.
To see the crystal doors,
In the blood of the enemy.

In mountain towns of dwarven make,
Trained he was to by elves and the last drake,
Made a sword with bare hands,
To kill the foe in Durza,
Enshrouded in the shadows.
Through the crystal doors,
To bathe in blood of the devil.

Adoring a womans crystal eyes,
Her raven hair hath hypnotize,
But hurt he was in rejection,
For he must kill the foe in shadows,
In the land of Durza.
He must cross the golden floors,
To breake the spirits mind.

He goes to Durza on dragon back,
With blade and magic he fights with,
To get the foe in Durza,
Enshrouded in the shadows.
The Spirit's blad crosses back,
And blood has flowed from him.

Then dragon fire fells the spirit,
And sword prepared to kill,
His foe in shadow,
In the land of Durza.
But he has mercy and curses him,
To stay in the land of night.

He marries that which matters much,
The woman in the mountains.
And learns to fear the foe in Durza,
Enshrouded in the shadows.
Children made of Rider - Elf,
Keep the peace in his world.

200 years of age,
Death having been accepted,
He learns to love the man in Durza,
Silhouetted in the light.
Carrying a scythe,
He dies and goes to heaven.




Natus moriendi nobilis sanguine,
Suscitavit consuendi triticum et fenum.
Capta in dracones retro,
Bellum in tenebris
In terra Durza.
Ad cristallum ostia,
Sanguine inimici.

In montem oppida Nanorum facere,
Monstra docti et novissimi a erat draculus
Fecit gladio cum peperit manus,
Occidere hostem in Durza,
Enshrouded in umbras.
Per cristallum ostia,
Sanguinem perfundi diaboli.

Adorantes mulieris cristallum oculis,
Eius corvus capillos habet hypnotize,
Sed damnum erat repudium
Oportet occidere hostem in tenebris
In terra Durza.
Aurea mauris oportet transire,
Ad frangere spiritus mentis.

Vadit ad Durza in draco retro,
Cum lamina et magicae pugnat cum,
Ut hostem in Durza,
Enshrouded in umbras.
Spiritus blad occurrat retro,
Inde fluxit sanguis.

Ergo draco ignis fells spiritus,
Et gladio paratus ad occidere,
Hostem in umbra,
In terra Durza.
Sed misericordia et maledictus,
Noctis moram in terra.

Ipse duxerit quod refert,
Mulier in montes.
Et discit timere hostem in Durza,
Enshrouded in umbras.
Filii de Rider - Elf,
Pacem in terris.

CC annos,
Mortem acceptum,
Discit amare homo in Durza,
Silhouetted in lucem.
Portans falce,
It caelo moritur.

Dauntless: bravery, the act of ignoring fear in the face of danger.
Bravery: selflessness; bravery is not fearlessness, but freedom from fear
Fearlessness: stupidity; Fearlessness is a mental problem, categorized as such because it is the idiotic idea of invincibility.
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